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mardi 31 décembre 2013
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1. L'inconnu du lac, Alain Guiraudie
2. Le dispositif, Pacôme Thiellement & Thomas Bertay
3. Inside Llewyn Davis, Joel & Ethan Coen
4. Cinq caméras brisées, Emad Burnat & Guy Davidi
5. Spring Breakers, Harmony Korine
6. 2 automnes 3 hivers, Sébastien Betbeder
7. Haewon et les hommes, Hong Sang-Soo
8. Passion, Brian de Palma
9. La fille du 14 juillet, Antonin Peretjatko
10. Frances Ha, Noah Baumbach
vendredi 22 novembre 2013
vendredi 31 décembre 2010
10 fausses valeurs pour 2010
1. The social network, de David Fincher
2. Bas-fonds, Isild Le Besco
3. Poetry, de Lee Chang-Dong
4. Bright star, de Jane Campion
5. A serious man, des frères Coen
6. Everyone else, Maren Ade
7. Mother, de Bong Joon-Ho (quelqu'un se souvient de ce film ?)
8. Le dernier voyage de Tanya, d'Aleksei Fedorchenko
9. Eastern plays, de Kamen Kalev
10. La vie au ranch, de Sophie Letourneur
2. Bas-fonds, Isild Le Besco
3. Poetry, de Lee Chang-Dong
4. Bright star, de Jane Campion
5. A serious man, des frères Coen
6. Everyone else, Maren Ade
7. Mother, de Bong Joon-Ho (quelqu'un se souvient de ce film ?)
8. Le dernier voyage de Tanya, d'Aleksei Fedorchenko
9. Eastern plays, de Kamen Kalev
10. La vie au ranch, de Sophie Letourneur
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mercredi 3 mars 2010
Le temps des grâces - Dominique Marchais & A serious man - Joel & Ethan Coen
Ce qui m'a allumé, dans Le temps des grâces, c'est la leçon philosophique que le cinéaste tire, certes, d'un assemblage de réflexions sur le sujet précis de l'agriculture et du paysage, mais que l'on peut élargir à l'ensemble des activités humaines - leçon que l'on pourrait formuler ainsi : il faut toujours repenser d'un point de vue global une action individuelle. Même le peu, même l'inutile a sa place dans une vision globale (l'exemple des haies et celui des tourbières pour preuves irréfutables) - il s'agit alors de considérer la marge comme ce qui place le centre au centre, et d'accorder toute son attention à ces marges, sans quoi le centre s'épuise - et il s'agit aussi, peu à peu, de ne plus accorder de crédit qu'aux marges, en les multipliant.Faire du blé est sans valeur, mais faire un certain blé est essentiel. L'enjeu est toujours dans la définition de l'acte dans sa singularité, plutôt que dans sa participation immédiate à un plan. En vérité, suivre n'est pas participer. Il faut redonner à chacun la responsabilité de son existence.
D'un point de vue politique, le film ouvre également un bon nombre de voies pour, d'une part, dénoncer l'ineptie de la pensée régnante, et, d'autre part, s'affranchir des oppositions, trop nostalgiques et consensuelles. Une politique sans passéisme, en somme.
Seul et unique bémol : je trouve passablement pénibles les tirades ampoulées et mal articulées de Pierre Bergounioux. Mais ça n'est pas très grave, tant le propos est puissant et les réflexions choisies et brillamment organisées.
Sinon, j'ai aussi vu le dernier film des frères Coen, A serious man, et je me suis dit que les Coen excellaient dans la fabrication de films ennuyeux et creux, qui ne pourraient être meilleurs qu'ils ne sont. C'est leur seul domaine d'excellence. Le plus drôle est que cela semble les satisfaire. Leurs films ont un rapport à l'absurde quasiment dévot. L'absurde leur permet d'arrêter leur pensée.
Aussi A serious man réussit tout ce qu'il entreprend - c'est une série d'arrêts, de clous d'insignifiance enfoncés sur des parois inexistantes.
Mais ce qu'il y a d'étrange, c'est que ce n'est même pas honnête. Après s'être acharné à démystifier les porteurs de connaissance et leurs paraboles, les Coen en instaurent une dernière, pour leur propre compte, et laissent la critique bienveillante gloser sur une possible réflexion sur la judéité.
mercredi 31 décembre 2008
10 fausses valeurs pour 2008
1. Paris, de Cédric Klapisch
2. Burn after reading, des frères Coen
3. There will be blood, de Paul Thomas Anderson
4. The dark knight, de Christopher Nolan
5. Il divo, de Paolo Sorrentino
6. Promets-moi, de Emir Kusturica
7. La princesse du Nebraska, de Wayne Wang
8. Lust, caution, de Ang Lee
9. L'île, de Pavel Lounguine
10. Blindness, de Fernando Meirelles, confortable nanar
2. Burn after reading, des frères Coen
3. There will be blood, de Paul Thomas Anderson
4. The dark knight, de Christopher Nolan
5. Il divo, de Paolo Sorrentino
6. Promets-moi, de Emir Kusturica
7. La princesse du Nebraska, de Wayne Wang
8. Lust, caution, de Ang Lee
9. L'île, de Pavel Lounguine
10. Blindness, de Fernando Meirelles, confortable nanar
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samedi 13 décembre 2008
Burn after reading - Joel & Ethan Coen
Aussitôt vu, aussitôt oublié, nous promet le titre ? Pas si sûr. "Burn" signifie brûler, détruire, mais aussi graver, dupliquer. C'est que le cinéma des Coen, si délétère soit-il, participe à l'esprit de l'époque. Ce n'est pas seulement du cynisme, c'est une idéologie. Anéantir le romantisme - ou plutôt anéantir toute tentative de romanticisation du réel - et aussi, anéantir toute tentative tout court. Ridiculiser la middle class américaine années 80 (comme si c'était difficile), et la CIA (bis). Sur les planches, Brad Pitt, qui, depuis sa tour d'ivoire hollywoodienne, compose un idiot fou de gym. J'insiste sur le terme composer - il n'est pas question une seule seconde d'identifier Brad Pitt et l'idiot (la frontière est sans doute trop perméable), mais bien de voir un acteur milliardaire jouer au pauvre, en avoir appris tous les codes, et être capable de les reproduire avec un naturel épatant. Rien à voir donc avec la toute dernière performance comique d'une autre star hollywoodienne, Tom Cruise, dans Tonnerre sous les tropiques, qui se grime en producteur obèse et dégueulasse - Tom Cruise est dans la parodie délibérément méchante, voire revancharde, Brad Pitt, lui, prend le pouvoir en se préservant des retombées possibles (il est ce qu'on appelle criant de vérité, c'est-à-dire idéalement déconnecté de tout risque - Tom Cruise, dans le film de Ben Stiller, comme Felicity Huffman dans Transamerica, trouve son clown, compose aussi, mais dans un lien plus troublant entre le monde et soi). Des codes, des genres - c'est le cinéma des Coen, qui rend à la surface ce qui appartient à la surface, ridiculise le ridicule, épuise l'épuisé, pantine le pantin. Cinéma sans grâce (et qui ne la cherche pas), réactionnaire, obtus, qui fait son beurre sur la supposée mollesse des esprits, incapable de saisir les points de rupture du réel contemporain (préférant le fameux charme rétro des années mortes et des idées enterrées - de peur de s'attaquer à une quelconque vérité immédiate), profondément conservateur aussi, dans sa façon prudente de tout laisser à sa place, de ne rien tenter de dérégler, d'attaquer des cadavres. Supergrave a cette même attention à la surface des êtres et des liens, mais s'en sert avec autrement plus d'humour, plus d'émotivité, et moins de convenance. Quand Burn after reading s'emballe (la crise de parano de Clooney), et commence à déployer un arsenal inattendu de cinéma jubilatoire, il se rétracte aussitôt - il semble 'oublier'. C'est l'esprit du bon consommateur - semblant dénoncer le néant spirituel de la société capitaliste, il participe un peu plus à vider, à dépeupler.
mardi 11 novembre 2008
No country for old men - Coen brothers
Je pensais que la greffe pourrait prendre. Que l'efficacité des Coen ne nuirait pas à la métaphysique mac-carthyenne. D'autant plus que j'avais lu une interview d'eux où ils disaient aimer Bresson (au point d'avoir dans leur bureau une affiche de Lancelot du Lac). J'imaginais qu'ils comprenaient et sauraient trouver le lien entre le physique et le spirituel. Et pas du tout. Les Coen nous resserve la même sauce que Sang pour sang. Ils transforment le récit de Mac Carthy en pochade sèche et sans mystère. C'est parfois brillant, les scènes d'action sont spectaculaires, il y a un vrai suspense qui prend aux tripes pendant la première heure, et une vraie attention portée sur les actions - mais dès que la course-poursuite s'arrête, le film s'effondre, alignant des ellipses peu inspirées, qui marquent un véritable échec dans leur régime spectaculaire. Ils nous en foutent plein la gueule dès les premières séquences, si bien qu'à la fin les voilà en manque d'imaginaire et en sérieuse perte de vitesse (manque de désir aussi pour l'histoire qu'ils s'attachaient à raconter). Les Coen ne sont pas philosophes. Ils tentent bien quelques petites choses, mais ça reste sans relief, sans profondeur, sans émotion. Les personnages restent figés, et la tentative de craquellement de leur armure parodique est purement théorique. Tout cela est extrêmement banal. Encore des gens obsédés par la pluie qui risque de tomber sur leurs décors naturels. Des storyboardeurs incapables d'insuffler le moindre soupçon de vie dans leurs images froides.
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