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dimanche 28 juin 2009

Les beaux gosses - Riad Sattouf

Ce n'est pas anodin, que Noémie Lvovsky joue dans Les beaux gosses. On sent que Riad Sattouf a vu La vie ne me fait pas peur. Même énergie poisseuse, même façon de s'emparer de l'adolescence pour montrer des corps autres, et interroger le rapport au monde. Le monde comme blessure systématique, et l'être humain comme originellement extraterrestre.
Il y a des moments qui relèvent de l'écriture, d'autres de la chorégraphie. Sattouf injecte dans ses plans des abimes d'indicible, cohabitant avec l'énormité du dire. Tout est étrangeté, tout est représentation et malicieuse facticité de cette représentation. Dans toutes les scènes des Beaux gosses planent des ombres facétieuses. C'est le monde de la caverne. Ce n'est ni le présent, ni le passé - sans date, mais pas privé des éléments de la modernité, Sattouf rejoint le Boulevard de la mort de Tarantino. Il n'évoque pas un temps passé (aucune nostalgie ne traverse l'écran), il ne cherche pas à faire moderne (les éléments restent des éléments, pas des tyrans, juste de quoi jouer) : il convoque, à sa manière, une certaine éternité.