1. Black swan, de Darren Aronofsky
2. Restless, de Gus van Sant
3. Incendies, de Denis Villeneuve
4. I'm still here, de Casey Affleck
5. Blue Valentine, de Derek Cianfrance
6. Une séparation, de Asghar Farhadi
7. Un amour de jeunesse, de Mia Hansen-Love
8. La piel que habito, de Pedro Almodovar
9. Le cheval de Turin, de Bela Tarr
10. Somewhere, de Sofia Coppola
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samedi 31 décembre 2011
dimanche 12 juin 2011
Une séparation - Asghar Farhadi - Jodaeiye Nader az Simin
Plus que sur une séparation, le film porte sur la distance. Distance au sein d'un couple, distance entre les hommes et les femmes, distance entre les enfants et les adultes, entre l'Iran et le reste du monde, entre la parole et la vérité, etc... En ce sens, le film est bien construit.MAIS il n'y a pas une seconde de cinéma là-dedans. Qu'est-ce que le film m'enseigne de plus que si j'avais lu son scénario ? Rien ! Tout est joué d'une même note, tout le temps. Les acteurs sont sans surprise. L'image est moche. Le cadre est approximatif. Les quelques essais de représentation de cette distance ont déjà été vus mille fois (deux personnages de part et d'autre d'une vitre). La seule chose, peut-être, c'est le rapport au voile, qui agit comme une contrainte (dans le cinéma iranien agréé, les femmes doivent garder leur voile même pour faire la vaisselle) plutôt stimulante.
Alors qu'est-ce que c'est que ce film ? Rien de plus qu'un Usual Suspect version world-cinéma. Une machine à tricher, qui voudrait nous faire croire que personnages et spectateurs vont réfléchir ensemble à la résolution d'un problème, mais qui révèle seulement à la fin l'élément clef de cette réflexion, de telle sorte que le problème n'existe plus, n'a jamais existé. Bernés, gavés d'idées fausses, soûlés de réflexions sans objet, nous rentrons chez nous en nous disant : il nous a bien eus. C'est ça le cinéma ?
jeudi 25 mars 2010
Et la vie continue - Zendegi va digar hich - Abbas Kiarostami - (et plus généralement sur ce que je connais du cinéma iranien)
J'ai revu récemment Et la vie continue, de Abbas Kiarostami. Ce qui m'a le plus frappé, c'est la façon dont les personnages, malgré l'action, malgré l'intrigue, malgré ce qui leur arrive, ne cessent de négocier. D'un côté le père, négociant son chemin sur les routes endommagées, de l'autre le fils, persuadé que le match de la coupe du monde diffusé le soir du tremblement de terre opposait l'Ecosse au Brésil, et non l'Argentine, comme le prétend son père. Si Kiarostami parle du tremblement de terre, s'il parle de la détresse des survivants, il filme surtout la victoire d'un père sur une route pourtant interdite, et la victoire d'un fils sur son père ; rien de lourdement oedipien là-dedans, il s'agit seulement d'avoir raison, de franchir ce qui est infranchissable. On voit cela souvent dans le cinéma iranien. Chez Kiarostami d'abord, dans Où est la maison de mon ami ?, quand le petit garçon explique à sa mère qu'avant de faire ses devoirs, il doit d'abord et avant tout rendre le cahier que par mégarde il a pris à son ami. Sa mère s'oppose à sa volonté. Il s'obstine. N'obtient l'accord de personne. Finit par s'affranchir de l'interdiction pour accomplir ce qui lui semble le plus juste et le plus nécessaire (et nous savons, nous, spectateurs, que l'enfant a absolument raison - il en va du destin de son ami et de l'injustice à laquelle il serait confronté si le cahier ne lui était pas rendu).
Chez Jafar Panahi également, dans Hors-jeu, quand un groupe de jeunes filles passent une heure trente à tenter d'assister à un match de football, malgré les interdictions qui s'opposent à elles.
Et aussi dans le récent A propos d'Elly, de Asghar Farhadi, où chacun a son avis sur la manière d'annoncer à quelqu'un la disparition de sa petite amie. Le problème est sérieux mais ne trouve pas de consensus. Tous les détails sont soumis à la discussion. Il n'y a rien de général dans la façon que chacun a d'envisager le monde. (à suivre)
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