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vendredi 14 septembre 2012

Killer Joe - William Friedkin


Le Texas a bon dos. On projette volontiers sur ce coin des Etats-Unis tout ce que le pays a de dysfonctionnel. Si bien qu'il est devenu, au fil du temps, un réservoir fantasmatique, une bête noire, un lieu pour les contes d'aujourd'hui. Killer Joe est un conte dont les protagonistes sont tous des ogres. Des ogres ou des déchets, ou bien les deux. Friedkin n'y va pas avec le dos de la cuillère. Son film enchaîne les séquences glauques avec un certain art de la gradation, sans être une seconde tenté par le rachat ou l'expiation. Ce qu'il veut montrer, ce à quoi il veut laisser libre cours, c'est au pire. Et le pire advient, de scène en scène, tour à tour grotesque et terrifiant, et parfois les deux en même temps ; le pire est mis en scène avec passion, avec foi. On peut y croire comme lui ou on peut s'en lasser, là n'est pas la question. Ce que Friedkin cherche, de toute façon, c'est la saturation. Et on ne voit que ça : grimaces, sang, sexe, violence. A l’image de la première séquence, parfaite, où Chris, arrivant de nuit dans le mobile-home de son père, est confronté, non au visage de sa belle-mère, mais à sa chatte. Tout le monde a la tête enfoncée dans l’effroi. Cap au pire.

mercredi 31 décembre 2003

en 2003, 5 films

1. Plaisirs inconnus – Jia Zhang-Ke
2. Kill Bill, volume 1 – Quentin Tarantino
3. El bonaerense – Pablo Trapero
4. Un film parlé – Manoel de Oliveira
5. Tiresia – Bertrand Bonello
6. Les harmonies Werckmeister – Bela Tarr
7. Elephant – Gus van Sant
8. En attendant le bonheur – Abderrahmane Sissako
9. Mon voyage d’hiver – Vincent Dieutre
10. Traqué – William Friedkin