1. The social network, de David Fincher
2. Bas-fonds, Isild Le Besco
3. Poetry, de Lee Chang-Dong
4. Bright star, de Jane Campion
5. A serious man, des frères Coen
6. Everyone else, Maren Ade
7. Mother, de Bong Joon-Ho (quelqu'un se souvient de ce film ?)
8. Le dernier voyage de Tanya, d'Aleksei Fedorchenko
9. Eastern plays, de Kamen Kalev
10. La vie au ranch, de Sophie Letourneur
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vendredi 31 décembre 2010
vendredi 8 janvier 2010
Bright Star - Jane Campion
Bright Star a l'avantage d'être économe : 15 ans après La Leçon De Piano, Jane Campion ressort ses vieux chapeaux.



Mieux que quiconque, Jane Campion sait qu'être à la mode, c'est se tourner vers le passé. On récupère donc les vieux chapeaux du film pour lequel on a été palmé, mais aussi les poètes morts - d'ailleurs, les poètes ne sont-ils pas morts précisément parce qu'ils étaient poètes ? C'est ce qui semble être la thèse du film.
Un film courageux. 200 ans après, ressortir Keats, illustre inconnu, pour le réhabiliter d'un salvateur carton final ("il est l'un des plus grands poétes romantiques"), c'est ce qui s'appelle avoir du cran.
L'autre thèse du film, c'est que la poésie de Keats est belle à entendre même lorsqu'elle est dite par une actrice qui pleurniche. Car l'actrice pleurniche beaucoup (l'amour...) ; l'acteur moins (l'amour aussi, mais l'écriture d'abord : c'est un homme). Et puis il tousse trop pour pleurer. Il tousse parce qu'il est poète. La poésie de Keats est belle à entendre même dite par un acteur qui tousse : troisième thèse du film.
L'actrice ne tousse pas, elle aime alors elle pleure, et elle ne fait que pleurer parce qu'elle est une femme - rappelons que le cinéma de Jane Campion est un cinéma où le sang appelle les violons, et où les femmes qui vont mal se coupent les cheveux. D'ailleurs les femmes vont souvent mal chez Jane Campion, martyres d'hommes qui ne valent pas mieux que des figurines. Pour compenser, elles cousent - faute d'être pénétrées, puisque l'homme est défaillant, tout à ses poèmes et sa toux - notons cette charmante première scène consacrée à la couture, où l'on ne voit jamais la main de celle qui coud : fantasme d'organicité sans organe assez symptomatique du film.
Plus sérieusement, que cherche Jane Campion avec Bright Star ? Peut-être à retrouver l'émotion du poème, l'émotion qui l'a généré et l'émotion qu'il a générée. L'émotion semble être la seule chose que la cinéaste considère (et cela participe de ce rêve d'un monde anorganique) - ce qui pose problème, le poème étant à la fois l'émotion elle-même et ce qui s'en est abstrait. Campion cherche donc à nous guider vers ce vers quoi le poème nous guide déjà, et qui plus est à faire redescendre le poème vers ce qu'il n'est plus. Bright Star est une tentative d'habillage superfétatoire, une décoration. Décorer Keats.
Qu'on adhère ou non à ce parti-pris, il n'y a qu'à considérer quelques secondes le personnage de l'ami de Keats pour se rendre compte que le film lui-même est raté. Mais le chat est très bien, je le reconnais - l'un des meilleurs chats du cinéma.
Un film courageux. 200 ans après, ressortir Keats, illustre inconnu, pour le réhabiliter d'un salvateur carton final ("il est l'un des plus grands poétes romantiques"), c'est ce qui s'appelle avoir du cran.
L'autre thèse du film, c'est que la poésie de Keats est belle à entendre même lorsqu'elle est dite par une actrice qui pleurniche. Car l'actrice pleurniche beaucoup (l'amour...) ; l'acteur moins (l'amour aussi, mais l'écriture d'abord : c'est un homme). Et puis il tousse trop pour pleurer. Il tousse parce qu'il est poète. La poésie de Keats est belle à entendre même dite par un acteur qui tousse : troisième thèse du film.
L'actrice ne tousse pas, elle aime alors elle pleure, et elle ne fait que pleurer parce qu'elle est une femme - rappelons que le cinéma de Jane Campion est un cinéma où le sang appelle les violons, et où les femmes qui vont mal se coupent les cheveux. D'ailleurs les femmes vont souvent mal chez Jane Campion, martyres d'hommes qui ne valent pas mieux que des figurines. Pour compenser, elles cousent - faute d'être pénétrées, puisque l'homme est défaillant, tout à ses poèmes et sa toux - notons cette charmante première scène consacrée à la couture, où l'on ne voit jamais la main de celle qui coud : fantasme d'organicité sans organe assez symptomatique du film.
Plus sérieusement, que cherche Jane Campion avec Bright Star ? Peut-être à retrouver l'émotion du poème, l'émotion qui l'a généré et l'émotion qu'il a générée. L'émotion semble être la seule chose que la cinéaste considère (et cela participe de ce rêve d'un monde anorganique) - ce qui pose problème, le poème étant à la fois l'émotion elle-même et ce qui s'en est abstrait. Campion cherche donc à nous guider vers ce vers quoi le poème nous guide déjà, et qui plus est à faire redescendre le poème vers ce qu'il n'est plus. Bright Star est une tentative d'habillage superfétatoire, une décoration. Décorer Keats.
Qu'on adhère ou non à ce parti-pris, il n'y a qu'à considérer quelques secondes le personnage de l'ami de Keats pour se rendre compte que le film lui-même est raté. Mais le chat est très bien, je le reconnais - l'un des meilleurs chats du cinéma.
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