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mercredi 26 septembre 2012

Kurdish Lover, de Clarisse Hahn


L'exotisme bon ton, à la française. La cinéaste filme son petit ami (appliquant ainsi un précepte godardien qui pourrait être judicieux), mais avant même de nous donner son prénom elle nous donne sa nationalité : kurde, donc. Et l'effet de ce mot sera sur elle si grand qu'elle en oubliera de nous donner son prénom. Les premières images sont révélatrices de cette fascination exotique : la cinéaste filme un groupe d'hommes en train de se battre, puis un autre en train de manifester sous la neige ; à ces images s'ajoute une légende : "je vis avec l'un d'eux", comme si le monde auquel l'homme filmé appartient était d'emblée plus important que tout, comme si la cinéaste, en embrassant un homme, se mariait au pays d'où il vient. Le film sera d'ailleurs moins amoureux (le "lover" du titre fait office d'assistant, de traducteur, et de visa pour "un pays qui n'existe pas") qu'adjectivant : kurdish, les images sont kurdish, les situations sont kurdish. On égorge des brebis en gros plan, et on montre des grands-mères en train de dire des gros mots. Au spectateur d'avaler la dimension représentative des images. Et tout cela est filmé avec une distance sociologique confinant à l'hydrocéphalie.