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jeudi 27 janvier 2011

Hai shang chuan qi - I wish I knew - Jia Zhang-Ke

Au début de ce recueil ultra-chic de témoignages larmoyants, on entend un lion rugir. Le lion, c'est Jia Zhang-Ke. La cage, c'est son film.
Un cinéaste assis sur sa réputation filme des gens assis sur leurs souvenirs d'enfance. Et de l'intime devrait surgir l'universel, mais bizarrement c'est le contraire qui se passe. Peut-être parce que l'universel est visé dès le début. Annoncé, on ne l'attend plus.
Car Jia Zhang-Ke se sait déjà figure historique de son pays. Alors, pour ne pas trop que ça se voit, il filme d'autres cinéastes, et présente des extraits d'autres films que les siens. Le cinéma a accompagné l'Histoire de la Chine. Mais ce film-là se contente de commémorer. Fantasme autofellatoire réalisé.
Un lion en cage, vraiment. Jia Zhang-Ke est un cinéaste qui sait faire des plans. Le problème, c'est qu'il ne sait plus où les mettre. Sa caméra tourne autour des individus qu'il interroge pour attraper une lumière nouvelle, une ombre, une autre perspective. Et son sujet lui échappe. Les confidences des uns et des autres déguisent vaguement un essai architectural de première classe. Mais elles sont là. Le spectateur les subit.
En sortant, il y avait ceux qui voulaient absolument retrouver cet article du Monde où le film était contextualisé, ceux qui disaient "la Chine, quel pays surprenant !" et puis ne disaient plus rien, ceux qui un peu gênés avaient trouvé certains témoignages intéressants et d'autres moins. Jia Zhang-Ke nous met dans cette position du mauvais élève. Didactique à moitié, son film est une moitié de film. Parfois, il y a de belles choses. Parfois il y en de trop belles. Rien n'est vraiment à sa place. Ni le cinéaste, ni les spectateurs.
Le fil rouge de cette femme déambulant en silence dans les rues de Shanghai est un procédé navrant. Entre deux prises de paroles, une pause. Entre deux lieux clos, une vue de l'extérieur de la ville. Et sur les ouvriers qui bougent, des plans statiques. Et sur les gens assis, des plans qui tournent. On a vu plus subtil.
Ce n'est même pas un problème de subtilité. C'est seulement que ces procédés révèlent l'ennui du film à thèse. Les plaisirs ne sont plus inconnus.

jeudi 31 décembre 2009

en 2009, dix films

1. Primitive, l'exposition et les courts-métrages (Primitive, Phantoms of Nabua, A letter to uncle Boonmee) - Apichatpong Weerasethakul
2. Le temps qu'il reste - Elia Suleiman
3. Inland - Tariq Téguia
4. Le miroir magique - Manoel de Oliveira
5. Tetro - Francis Coppola
6. Moon - Duncan Jones
7. The limits of control - Jim Jarmusch
8. 24 city - Jia Zhang-Ke
9. La religieuse portugaise - Eugène Green
10. Visage - Tsai Ming-Liang

samedi 21 mars 2009

24 City - Er shi si cheng ji - Jia Zhang-Ke


24 city est une oeuvre méditative, mêlant le réel et l'imaginaire, l'intime et l'historique, le temporel et l'organique, et fluctuant des uns aux autres sur le fil d'une pensée libre et limpide.
Un plan du film résume l'ambition quasi saint-simonienne de Jia Zhang-Ke : on voit en plongée des ouvriers transportant un idéogramme, lequel servait d'enseigne à une cité industrielle. Il s'agit en effet de déplacer le langage - de se servir des transports de la langue pour couvrir le temps. L'usine 420 devient 24 city - on aura simplement inversé les chiffres, et convoqué au passage un poème chinois du XVIIème siècle (Le rêve du pavillon rouge), manière de boucler l'Histoire, de faire de la gloire de l'industrie communiste chinoise un épisode.
Un épisode, mais pas sans trace : on trouve aussi, vers la fin du film, ce plan sidérant, où l'on entend un choeur de femmes chanter l'Internationale, tandis que s'écroule à l'image l'un des bâtiments de l'usine 420. Cela aurait pu suffire, et faire lourdement sens, si Jia Zhang-Ke n'avait pas tenu la séquence jusqu'à ce que la poussière soulevée par la destruction du bâtiment envahisse tout le plan, et qu'apparaissent alors ces mots de Yeats : "Les choses que nous avons pensées ou faites / Se répandent forcément avant de disparaître / Comme du lait versé sur une pierre". Car le cinéaste ne parle pas seulement de la disparition d'un monde, mais de la survivance des hommes à travers ces mondes qui se succèdent. De la condition humaine. En posant son film au présent, et en le centrant sur l'humain, Jia Zhang-Ke parle de Chengdu, mais aussi de la Chine, et du monde en général. De tous les temps et de tous les lieux.
Avec huit témoignages (certains sont inventés, d'autres pas - tous ont été travaillés, dans une langue claire et poétique, pleine de fulgurances, de raccourcis joyeux, de gouffres émotionnels), c'est toute une Histoire de l'Homme qui traverse 24 City. Ce film est un peu l'En Avant Jeunesse de Jia Zhang-Ke : rendre l'existence d'une poignée d'êtres douce, intelligible, par le biais du langage et de l'adresse, par une circulation permanente de la pensée (d'un corps à un autre, d'une lumière à une autre, d'un temps, d'un lieu, d'un mot à un autre). La langue s'inscrit - physiquement dans l'image, trouvant des niches, des superpositions possibles, et des voix pour la porter. On a rarement vu film plus composé.

samedi 31 décembre 2005

en 2005, 10 films

1. Manderlay – Lars von Trier
2. Les amants réguliers – Philippe Garrel
3. Marseille – Angela Schanelec
4. L’enfant – Luc et Jean-Pierre Dardenne
5. La main – Wong Kar-Waï
6. Keane – Lodge Kerrigan
7. Land of the dead – George Romero
8. Worldly desires – Apichatpong Weerasethakul
9. Grizzly man – Werner Herzog
10. The world – Jia Zhang-Ke

mercredi 31 décembre 2003

en 2003, 5 films

1. Plaisirs inconnus – Jia Zhang-Ke
2. Kill Bill, volume 1 – Quentin Tarantino
3. El bonaerense – Pablo Trapero
4. Un film parlé – Manoel de Oliveira
5. Tiresia – Bertrand Bonello
6. Les harmonies Werckmeister – Bela Tarr
7. Elephant – Gus van Sant
8. En attendant le bonheur – Abderrahmane Sissako
9. Mon voyage d’hiver – Vincent Dieutre
10. Traqué – William Friedkin

lundi 31 décembre 2001

en 2001, 10 films

1. Mulholland Drive – David Lynch
2. Platform – Jia Zhang Ke
3. Nuages de mai – Nuri Bilge Ceylan
4. Sobibor – Claude Lanzmann
5. Dans la chambre de Vanda – Pedro Costa
6. La libertad – Lisandro Alonso
7. Pau et son frère – Marc Recha
8. La colonie – Sergei Loznitsa
9. Ce vieux rêve qui bouge – Alain Guiraudie
10. Kairo – Kiyoshi Kurosawa

samedi 30 décembre 2000

en 1999, dix films

1. Khroustaliov ma voiture ! – Alexei Guerman
2. L’humanité – Bruno Dumont
3. Le vent de la nuit – Philippe Garrel
4. New Rose Hotel – Abel Ferrara
5. Xiao Wu artisan pickpocket – Jia Zhang Ke
6. Charisma – Kiyoshi Kurosawa
7. Eyes wide shut – Stanley Kubrick
8. The hole – Tsai Ming Liang
9. El valley centro – James Benning
10. Life, autumn - Sergei Loznitsa