Affichage des articles dont le libellé est Christophe Honoré. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Christophe Honoré. Afficher tous les articles

lundi 11 octobre 2010

Juraj Jakubisko

Je viens de voir un film extraordinaire, dont je parlerai bientôt. C'est Les oiseaux, les orphelins et les fous, de Juraj Jakubisko. C'est tchèque, ça date de 1969, c'est sanglant et absolument provocateur, c'est l'histoire d'un couple à trois, très joyeux et très triste à la fois.
Après, quand je pense à la façon dont Les chansons d'amour avaient été portées aux nues il y a trois ou quatre ans ou bien au foin qu'on fait sur le Xavier Dolan (que je n'ai pas vu, mais que je n'aime pas par principe, car c'est le genre de film auquel on adhère ou qu'on rejette - alors je l'ignore), ça me laisse songeur, mais je me dis qu'on a les reflets qu'on mérite. (A propos de Christophe Honoré, j'ai même entendu Jean-Marc Lalanne parler de Proust, et de Carrol Lewis pour Xavier Dolan.)
Je ne crois pas du tout en une conspiration Louis Garrel - je ne crois pas que Louis Garrel soit là derrière chaque journal à menacer les critiques de ne plus leur sucer la bite s'ils ne sucent pas la bite des films dans lesquels il joue. Mais quand même, chaque film dans lequel joue Louis Garrel est encensé. Alors c'est sans doute une pulsion grégaire : créer une idole commune, qui ne ressemble à personne, qui ne dit rien de son époque à part son apathie et le poids des générations passées (poids assez vague, en somme, mais c'est une manière aussi de laisser entendre que rien ni personne ne s'est réveillé).

dimanche 12 octobre 2008

Redites et Regards



Les derniers Honoré et Bonello ont ceci de commun qu'ils citent, ou plutôt retravaillent, réaniment une mémoire cinéphilique. Chacun, à sa manière, joue de redites.
Mais si Honoré voudrait se fondre dans le patrimoine culturel qu'il invoque (Vivre sa vie, Les deux Anglaises et le continent), Bonello, lui, dénote. En rejouant Apocalypse now, eXistenZ, Tropical malady et Last days (et en les citant explicitement - ce qui n'est pas le cas d'Honoré, voleur à la petite semaine), le cinéaste cherche ce qui lui est propre, ce qui s'écarte, la dimension bâtarde et solitaire de sa lignée. Il prend le présent comme point de vue - tandis que Honoré se tient en regard des films passés.
Honoré a la folie du même - ressembler, copier maniaquement le travail des autres. Bonello se différencie, et, dans cette différence, distingue ce qui pourrait être pour lui une aventure de cinéma, un langage nouveau - unique.
Honoré use du connu pour être reconnu, Bonello défriche ce qu'il reste d'inconnu. C'est l'empaillement contre le meurtre.


"Chaque texte est unique dans sa différence, quoiqu'il soit traversé de répétitions et de stéréotypes, de codes culturels et symboliques."
Barthes, dans la Gazette de Lausanne, 6 février 1971.

Le beau film impur de Bonello a cette force, de venir prolonger le langage, d'inventer un langage à partir d'un langage déjà existant. Il travestit plus qu'il ne mime. Revoir Apocalypse Now ne met pas fin au charme de De la guerre. C'est, au contraire, l'occasion d'un dialogue entre les films - un champ s'ouvre entre les deux. Revoir Vivre sa vie, en revanche, signe l'arrêt de mort de La belle personne.

La belle personne - Christophe Honoré



Le film croule sous le poids des nostalgies qu'il convoque - Godard période Anna Karina, Demy, Truffaut, les grands classiques de la littérature, les chansons populaires, le lycée... et sans doute cette manière de venir ré-instituer ce qu'on a couvert de poussière est suspecte. Comme si Honoré voulait à tout prix se placer du côté de l'institution, c'est-à-dire du côté du père, et avait droit de vie ou de mort sur ses sujets/motifs. Comme s'il tenait absolument à opérer ce retournement : devenir le père de ce qui l'a enfanté - opération qui ne fait qu'inverser l'ordre des choses, au lieu d'en extraire le film (voir à ce sujet le magnifique Frownland de Ronald Bronstein, seul et déshérité, sans possible filiation ni paternité).

Pourtant, La belle personne est un film charmant (si la première demie heure me paraît plus charmeuse que charmante, voire racoleuse, un rapport délicat finit par s'instaurer entre le film et le spectateur), doux, habité par des acteurs elfiques (Léa Seydoux apporte à elle seule une liberté fondamentale au cinéma d'Honoré, Clotilde Hesme a cette robustesse mystérieuse qui distingue les grandes actrices des appliquées, Louis Garrel y est aussi juste que chez son père (tiens tiens, l'opération aurait-elle réussi ?), et même Leprince-Ringuet s'en sort aisément) - mais c'est comme si Honoré manquait de cette transparence propre à la Princesse de Clèves, cette volonté de tout dire de Junie. Peut-être la transparence est-elle perçue comme une qualité plus que comme un attribut, comme une essence plus que comme un travail (notion visiblement abhorrée par Honoré). En tout cas elle rate : le film est confus, le réalisateur esquive encore trop, bâcle des pans entiers de son scénario (alors pourquoi en écrire un ? peut-être parce que c'est, comme la permission de minuit, la seule autorisation personnelle qu'Honoré ait trouvé pour faire un film), ne se résout ni tout à fait à la narration, ni complètement au style (réactivant ainsi cette césure peu fertile entre l'une et l'autre). Si bien que ses enfants d'élection l'engloutissent toujours un peu, reprenant par instants leur place d'origine.
Au contraire de Junie, qui, en travaillant rigoureusement à sa survie, devient plus que princesse, une belle personne. Trop de désinvoltures contraignent le cinéma d'Honoré à être toujours en dessous de ce qu'il vise. C'est la liberté telle qu'un adolescent se la représente : une attitude.

lundi 31 décembre 2007

10 fausses valeurs pour 2007

1. Actrices, de Valéria Bruni-Tedeschi
2. Zodiac, de David Fincher
3. 28 semaines plus tard, de Juan Carlos Fresnadillo
4. La vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmarck
5. Ensemble c'est tout, de Claude Berri
6. Les chansons d'amour, de Christophe Honoré
7. I'm not there, de Todd Haynes
8. Avant que j'oublie, de Jacques Nolot
9. Raisons d'état, de Robert de Niro
10. Control, de Anton Corbijn