Certes, l'idée n'est pas mauvaise, et on voit bien ce
qui a pu intéresser le cinéaste là-dedans : filmer un groupe de jeunes dans un
bus et leur délitement au fur et à mesure des arrêts ; filmer les clans, les
individualités et leur circulation. Le principe est presque renoirien, et
encore renoirien hardcore, à la limite du concept kiarostamien.
Mais Michel Gondry n'assume pas la simplicité de son dispositif. La partie qui s'appelle Chaos a tout à voir avec une bouillabaisse informe où les histoires de chacun s'entremêlent de façon continue, sans écho, sans mise en scène, sans fluidité. C'est un bloc d'images hétérogènes que le flot du métrage unifie tant bien que mal, et, au final, égalise, au point qu'il n'y a très vite plus rien de distinct. Le montage extrêmement rythmique ne produit que lenteur et indifférence.
A cela, Gondry ajoute un arbitraire scénaristique épouvantable (une rupture, une mort, des secrets révélés) sensés combler le spectateur en mal de sensations fortes, comme le font les émissions de télé-réalité en organisant des mariages et des disparitions. L'effet de réel s'en trouve clairement amoindri (voire supprimé), sans pour autant que la moindre irréalité ne naisse de ces rebondissements intempestifs. On voit une mécanique qui tourne à vide, quelque part entre l'infime et le grandiloquent, c'est-à-dire nulle part.
La posture du garçon, le casque sur les oreilles, qui a sa grande scène à la fin du film (aveu de la mort d'un proche, refus d'une amitié, affirmation de son individualité distante) est emblématique du regard de Gondry sur le groupe qu'il s'est pourtant échiné à filmer pendant une heure et demie : un vague mépris qui se veut salvateur.
Mais Michel Gondry n'assume pas la simplicité de son dispositif. La partie qui s'appelle Chaos a tout à voir avec une bouillabaisse informe où les histoires de chacun s'entremêlent de façon continue, sans écho, sans mise en scène, sans fluidité. C'est un bloc d'images hétérogènes que le flot du métrage unifie tant bien que mal, et, au final, égalise, au point qu'il n'y a très vite plus rien de distinct. Le montage extrêmement rythmique ne produit que lenteur et indifférence.
A cela, Gondry ajoute un arbitraire scénaristique épouvantable (une rupture, une mort, des secrets révélés) sensés combler le spectateur en mal de sensations fortes, comme le font les émissions de télé-réalité en organisant des mariages et des disparitions. L'effet de réel s'en trouve clairement amoindri (voire supprimé), sans pour autant que la moindre irréalité ne naisse de ces rebondissements intempestifs. On voit une mécanique qui tourne à vide, quelque part entre l'infime et le grandiloquent, c'est-à-dire nulle part.
La posture du garçon, le casque sur les oreilles, qui a sa grande scène à la fin du film (aveu de la mort d'un proche, refus d'une amitié, affirmation de son individualité distante) est emblématique du regard de Gondry sur le groupe qu'il s'est pourtant échiné à filmer pendant une heure et demie : un vague mépris qui se veut salvateur.


